La bibliomanie ou la syllogomanie des livres

Bibliothèque ou collection

Grâces aux archives historiques, aux études, telles que celle de Loïc Capron sur Guy Patin, ou la littérature, on connait de nombreuses histoires de bibliomanes. Des hommes et des femmes dont l’histoire n’est pas celle de simples bibliophiles passionnés mais plutôt d’individus malades dont le syndrome les poussent à accumuler toujours plus. Ce hoarding peut causer un réel problème quant à la quantité d’objet entassé au sein du logement et au danger que cela peut représenter. Certains doivent faire appel à des spécialistes en rangement pour les aider.

Le cas Alois Pichler

On peut citer, par exemple, le plus célèbre d’entre eux, le cas d’Alois Pichler, qui va avoir la charge, au 19 ème siècle, de bibliothécaire au sein de la Bibliothèque Publique Impériale de Saint Petersburg.

Alois Pichler est un érudit, un docteur et un universitaire.

Il va détourner plus de 4500 livres, dictionnaire et grands manuscrits. Son but cependant, n’est pas de les lire… il a uniquement besoin d’accumuler. Il ne cède pas devant la beauté du livre, ni son amour pour eux, ni sur son état (il peut être neuf ou ancien). Alois Pichler cède à un besoin pathologique et irrépressible de posséder, d’accumuler le plus de livres possibles sans utilité ni intérêt particulier.

Guy Patin, modèle de la médecine du 17ème siècle et bibliomane avéré

Il y a aussi le cas du docteur Guy Patin, en France, régent de la faculté de médecine de Paris. L’amour des livres cet homme était tel qu’on va lui attribuer le terme bibliomanie à cause de son accumulation critique. Pour en savoir plus sur la vie de ce médecin français, vous pouvez consulter l’édition numérique de Loïc Capron des correspondances et lettres de Guy Patin sur le web sur http://www.biusante.parisdescartes.fr. Un document public et Open source sous licence Créative Commons Attribution.

Loïc Capron est professeur de médecine et auteur d’une conférence sur « La Bibliomanie de Guy Patin (1601-1672), docteur régent de la Faculté de médecine de Paris » que vous pouvez retrouver ci-dessous.)

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Giacomo, le libraire bibliomane de Flaubert

Le terme « Bibliomanie » est aussi connu comme une nouvelle de Gustave Flaubert, qui est en réalité son premier texte imprimé. Publiée pour la première fois le 12 février 1837 dans la revue rouennaise Le Colibri, le texte date de novembre 1836. Il s’inspire ouvertement d’un article publié dans les journaux quelques semaine plutôt sous le titre « Le Bibliomane, ou le nouveau Cardillac » où il était question d’un libraire (que Flaubert fera renaître sous les traits de Giacomo) qui tuait pour récupérer les collections de livres de ses victimes. Flaubert écrit alors sa nouvelle et invente le personnage bibliomane nommé Giacomo, aussi libraire, dont l’œil expert reconnait à coup sûr les livres les plus rares, et son concurrent Baptisto, un ancien moine devenu libraire prêt à lui ravir le manuscrit tant convoité.

Les causes et conséquences des comportements bibliomanes

La bibliomanie génère, par une accumulation démesurée d’ouvrages en tous genres (livre mais aussi lexique, journal, carnet, bible ou dictionnaire), une altération des relations sociales de la personne atteinte. Elle s’enferme dans un univers de pages et de papier, s’isole du reste du monde et même du reste de sa propre famille, dans un lieu confiné et rassurant. Les risques d’incendie sont alors forts importants ainsi que les risques d’accident et d’effondrement du sol. En plus de ces conséquences sociales et psychologiques et mentales, le bibliomane doit aussi supporter des conséquences financières liées à ses troubles compulsifs.

Cependant, ce besoin de possession, qui ne trouve pas d’assouvissement, génère un sentiment de sécurité. C’est en ce sens même, que l’accumulation ne peut prendre fin.

Cette compulsion pourrait être une réponse à une souffrance passée pour laquelle, l’individu atteint, ne peut générer les mécanismes de défense adéquats. Seul face à son conflit psychique, le bibliomane achète, accumule pour réduire son anxiété à la différence des bibliophiles qui trouvent du plaisir simplement en lisant un manuscrit sans pour autant le posséder à tout prix.

Conférence sur la syllogomanie et les troubles liés de Sophie Legault

Sophie Legault dans sa conférence « Traîneux ? ramasseur ? paresseux ? non, accumulateur compulsif ! » montre la bibliomanie, la Syllogomanie et le syndrome de Diogène sous tous les domaines.

Contrairement à la syllogomanie, le syndrome de Noé concerne seulement des animaux.

Le point de vue des français sur l’accumulation compulsif de livres

Actuellement en France, la bibliomanie n’est pas reconnue comme une maladie. La personne souffrant de ce trouble est prise en charge par un organisme social ou de santé.

Selon l’Université Paris Descartes (Laboratoire de psychologie et neuropsychologie cognitive, Paris), le syndrome de Diogène (et donc peut être la syllogomanie) peut être séparé en deux type distinct, le syndrome de Diogène Primaire, qui n’est associé à aucune pathologie sous-jacente, et le syndrome de Diogène secondaire, qui lui peut être associé à une psychose par exemple.