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Besoin d’évasion : que cherchons-nous à fuir ?

« Du quotidien, on peut affirmer deux choses contradictoires : qu’il se répète autant qu’il nous exténue. » Le constat, dressé par le philosophe Pascal Bruckner (in L’Euphorie perpétuelle, essai sur le devoir de bonheur, Le Livre de Poche, 2008), n’est guère gai, mais il a le mérite d’être réaliste. Alors, que faire ? Puisque, comme le dit Cioran, « on se tue toujours trop tard », il ne reste qu’une solution : s’évader. Rompre avec cette routine qui tue le désir à petit feu. Partir, s’échapper. « Fuir ! là-bas fuir ! » clame Mallarmé (In « Brise marine », extrait de Poésies et autres textes de Stéphane Mallarmé, Le Livre de Poche, 2008), à la suite de tant de poètes dans lesquels chacun de nous peut, un jour ou l’autre, se reconnaître, « exilé sur le sol », doté d’« ailes de géant », tellement inadapté à cette triste réalité.